J'avais presque oublier ;)
Kiss est un groupe de Glam Metal fondé dans le Queens à New York en 1972 par le guitariste Paul Stanley (de son vrai nom Stanley Eisen né en 1952) et le bassiste Gene Simmons (Chaïm Witz, 1949).
Suite à l'échec de leur premier enregistrement (sous le nom de Wicked Lester, album jamais distribué), Gene et Paul radicalisent leur approche de la musique et de la scène. Rejoints par le batteur Peter Criss (Peter Crisscoula, 1945) et le guitariste Paul "Ace" Frehley (1951),enfant terrible de Bronx, ils décident d'adopter un look particulièrement théâtral et provocateur, dans la lignée d'Alice Cooper. Ils se démarquent par ailleurs avec un maquillage intégral du visage, qui les transforme en véritables super-héros du rock n'roll : Gene est le Démon, Paul l'Enfant des Étoiles, Ace le Guerrier de l'espace et Peter le Chat.
Les premiers pas sont difficiles. Entre les clubs qui refusent ces énergumènes peinturlurés et les groupes qui craignent d'avoir de dangereux outsiders en première partie, le quatuor peine à trouver des engagements. Deux rencontres s'avèrent alors capitales. La première est celle de Bill Aucoin, manager avisé qui est certain de tenir la perle rare. La seconde est celle de Neil Bogart, directeur de Casablanca Records et à la recherche de stars pour son nouveau label. Aucoin convaint Bogart de signer Kiss sur la seule foi d'une démo prometteuse. Le groupe rentre en studio fin 73 et accouche vite d'un premier album éponyme. Y figurent notamment "Strutter", "Cold Gin" et "Deuce". En dépit d'une campagne publicitaire monstre, le disque ne fait qu'une timide entrée dans le Top 100 américain. Le groupe fait sa première apparition à la télévision et joue "Black Diamond". Les critiques descendent le quatuor sans vergogne et lui promettent un sort funeste.
Après une courte série de concerts, Kiss retourne en studio et sort Hotter Than Hell en novembre 1974. Le ton se durcit ("Parasite") mais le succès n'est toujours pas au rendez vous. Le groupe quadrille alors tout le continent en exposant un show riche en couleurs (explosions, guitares en feu, plateformes...) et commence à se forger une base de fans de plus en plus large.
Début 1975, "Dressed To Kill" (n° 37 US) est dans les bacs. Malgré des résultats encourageants, Bogart est au bord de la faillite car les investissements consentis sont très loin d'être compensés. Aucoin décide alors de jouer le tout pour le tout. Constatant que, en dépit de la faiblesse des ventes, le groupe parvient à réunir des foules de plus en plus grandes, il décide d'organiser quelques concerts dans les grandes arènes du pays pour enregister un live. Il va jusqu'à vider son compte personnel pour financer le projet. Pendant l'été, Kiss joue en tête d'affiche devant 12000 spectateurs au Cobo Hall de Detroit.
A la rentrée, "Alive" voit le jour. Tout le monde croise les doigts mais le suspense est de courte durée. 2 semaines après sa sortie(n°9 US), il est disque d'or, devenant rapidement double platine. La mise a triplé depuis.
En quelques semaines, Kiss devient le plus grand des groupes de rock américain. Les fans forment ce qui devient rapidement la "Kiss Army" et se réunissent devant les locaux d'une radio qui refusait de diffuser les disques du groupe. Dans la foulée, la version live de "Rock n' Roll All Nite" entre dans le Top 20 et un merchandising juteux commence à voir le jour. Le groupe obtient la consécration en battant le reccord d'affluence des Beatles au Alamein Stadium.
Dès le début des sessions d'enregistrement, l'état de santé de Peter Criss s'avère très préoccupant. Il est finalement remplacé sur presque tous les titres par Anton Fig, un batteur de studio qui avait travaillé avec Frehley. "Dynasty" (n°9 US) sort début 1979 et connaît un succès fulgurant grâce au tube hard/disco "I was made for lovin' you" qui explose à l'échelle mondiale.
Tout semble aller pour le mieux et pourtant le groupe est toujours au bord de l'explosion. La tournée américaine ne rencontre pas la même ferveur que la précédente. Alors que les fans les plus durs boudent le virage commercial du quatuor, les salles se remplissent désormais de jeunes enfants accompagnés de leurs parents. Kiss n'a plus rien à voir avec un groupe de rock et la kissmania semble tourner à l'overdose. Englués dans leurs personnages imaginaires, les musiciens ne contrôlent plus rien. Ne se basant que sur les ventes, ils accordent une nouvelle fois leur confiance à Poncia pour l'album suivant auquel Criss ne participe pas. Paru l'année suivante, Unmasked (n°35 US) est à peine disque d'or. Musicalement noyé par les arrangements "branchés" de Poncia, le disque est alors la cible de la presse qui peut enfin se venger d'un groupe dont elle annonce prématurément la fin.
Peter Criss est congédié peu après et est remplacé par Eric Carr (Paul Caravello, au maquillage de renard) pour la tournée à venir. Après un unique concert aux USA, Kiss s'envole pour l'Europe où il se fait voler la vedette par sa première partie, Iron Maiden. Le quatuor se rend ensuite au Japon où il bat son propre reccord d'affluence puis en Australie où les plus grands stades affichent complets en quelques heures.
De retour au bercail, le groupe décide de se séparer de Bill Aucoin puis rappelle Bob Ezrin en vue du prochain album : un ambitieux concept album accompagné d'un film dans la lignée du "The Wall" de Pink Floyd produit par le même Ezrin. Mais les difficultés s'accumulent. Frehley, désireux d'un retour à un rock pur et dur, est dès le départ hostile et rentre à nouveau en conflit avec le producteur. Suite à des problèmes de script, la réalisation du film est abandonnée et quelques mois après la sortie de l'album, Neil Bogart, l'autre éminence grise du groupe, décède des suites d'une longue maladie.
Après un séjour prolongé en studio, "Music From The Elder" (n°75 US) voit le jour en 1981 et fait un bide complet. On dénonce son caractère prétentieux et les nouvelles experimentations qui ont vu Kiss passer de la musique de club aux orchestres à vent et à corde. Le groupe doit renoncer à partir en tournée pour éviter comme le dira Simmons un peu plus tard :" un putain de désastre".
Il est temps de revenir aux fondamentaux. Le groupe s'enferme en studio pour mettre en boîte des morceaux plus classiques qui figurent sur une nouvelle compilation sortie l'année suivante, "Killers". Peu après, Frehley est victime d'un grave accident de voiture et se retrouve immobilisé pendant plusieurs mois. Il en profite malheureusement pour ajouter à ses problèmes d'alcool le gôut des médicaments. Pour palier l'absence de son guitariste, Kiss engage plusieurs musiciens de remplacement pour l'album "Creatures Of The Night" (n°45 US) qui marque une nette modernisation et un retour vers le heavy metal. On sait aujourd'hui que ce nouveau son était en grande partie du à Vinnie Vincent, guitariste "fantôme" des enregistrements qui va bientôt éclipser Frehley. Bien qu'il figure sur la pochette, ce dernier annonce peu avant la tournée qu'il quitte le groupe
Aux USA, Kiss joue dans des salles loin d'être remplies, mais en Amérique du Sud sa gloire semble intact puisqu 'au stade Maracana de Rio, le groupe réunit 145000 spectateurs pour un show unique.
Stanley et Simmons font alors beaucoup parler en 1983 quand on apprend que le contrat qui les liait à Max Factor, leur sponsor maquillage, n'a pas été renouvelé.
A ce moment, Stanley, Simmons, Carr et Vincent mettent la dernière main à leur nouvel album. Peu avant sa sortie, ils font sensation en apparaissant pour la première fois sans maquillage dans une émission spéciale sur MTV. "Lick It Up" (n°24 US) béneficie de ce gros coup de pub et devient le premier disque de platine du groupe depuis "Dynasty". Surtout, le groupe semble renaître musicalement en confirmant les impressions du précédent album et la tournée mondiale qui suit fait figure de reconquête.
Pourtant, la sauce ne prend pas entre Vinnie Vincent et les deux boss de Kiss qui refusent de le voir trop se mêler de la direction du groupe. Finalement, le guitariste est congédié et est remplacé par Mark St John. Pendant ce temps, Simmons s'adonne à une vieille passion : le cinéma. IL joue le rôle du méchant face à Tom Selleck dans "Runnaway", un film de science fiction de Michael Crichton. Il rejoint ensuite Stanley pour les besoins du nouvel album qui pour la première fois est intégralement produit par les deux leaders.
"Animalize" (n°19 US) dépasse les ventes de son prédecesseur, notamment grâce au single "Heaven s' On Fire". Il marque pourtant le début de la décadence discographique du groupe qui s'entoure de compositeurs extérieurs (Desmond Child) et souffre du manque d'investissement de Simmons (cinéma, production...). Stanley devient progressivement la figure de proue de ce Kiss nouveau grâce à sa plus grande versatilité et à ses compositions taillées pour le rock des années 80. De plus, l'adoption d'un look glamisant proche de celui de Ratt ou Dokken ancre Kiss dans une mode éphémère dont il avait pourtant été un précurseur.
Pour l'heure, le groupe entame une nouvelle tournée mondiale mais St John est atteint d'un syndrome paralysant et il doit être remplacé en catastrophe par Bruce Kulick, quatrième guitariste du groupe en trois ans.
En 1985, Kiss revient avec "Asylum" (n°20 US). Le groupe utilise à fond les nouvelles possibilités du video clip pour garantir sa présence sur MTV. La sratégie semble payante puisque lors de la tournée suivante, la popularité du quatuor atteint de nouveaux sommets et lui permet de renouer avec les shows à grand spectacle. La demande est telle que le groupe prolonge sa tournée américaine jusqu'à l'été 1986, annulant au passage son apparition aux Monsters of Rock en Angleterre.
Stanley et Simmons jugent le moment opportun pour frapper un grand coup et talonner les Bon Jovi et autre gravures de mode qui squatent le haut du Billboard. Ils font donc appel au producteur Ron Nevison qui est au hard F.M ce que Poncia était au disco. Paru en 1987, "Crazy Nights" (n°18 US) est logiquement l'album le plus commercial du groupe depuis "Unmasked". La tournée suivante témoigne pourtant d'une certaine usure. Si en Angleterre ou au Japon, le quatuor fait toujours le plein, les USA semblent se lasser de ces anciens supers heros devenus trop rose bonbon. Kiss fait malgré tout un carton en seconde position des Monsters Of Rock de 1988 devant plus de 100000 spectateurs.
Malgré cela, la séparation semble proche. Simmons s'investit de moins en moins et Stanley entreprend même une tournée des clubs en solo. Avec l'épuisement proche du glam rock, Kiss devient la risée de la nouvelle génération qui pointe son nez.